Sur le chemin du retour, il me demanda :
« Qu'est-ce qui s'passe ? Comment ça s'fait qu'tu voulais pas m'montrer, aujourd'hui ?
- Eh ben, j'ai l'droit, d'pas vouloir. »
Il insista, me questionna encore et je finis par exploser.
« J'en ai marre, de cette colonie, à la fin ! En plus, les filles, èes sont tout l'temps méchantes avec moi et, maintenant, c'est les garçons qui m'embêtent.
- Qu'est-ce qu'on t'a fait ?
- Quand j'marche dans la colonie, y a un garçon qui s'met devant moi. Quand j'vais à gauche, y s'met à gauche ; quand j'vais à droite, y s'met à droite. Y m'empêche de passer exprès et pis y rigole bizarrement. Y m'fait peur. Il l'a fait hier et il a r'commencé aujourd'hui. »
Éric monta sur ses grands chevaux et me demanda sèchement :
« Qui t'a fait ça ?
- Je sais pas comment y s'appelle, moi. J'le connais pas.
- Il est comment ?
- Un peu gros, avec une grosse touffe de ch'veux blonds, châtain clair.
- J'vois qui c'est. Il a pas un short bleu et un polo marron ?
- Ch'sais pas, j'ai pas fait gaffe. Mouais, p't-être.
- Ouais, j'vois qui c'est. T'inquiète pas ! j'vais m'occuper d'lui. Y t'embêtera pus. »
Et puis, il me laissa toute seule sur l'aire de jeux et retourna au portique auprès de ses copains. Alors, je me rassis auprès du tube debout.
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