diffusion du livre d'Angélique Andthehord
SEX AND DESTROY Un nouveau son rock ?
Nouvel extrait vendredi 3 février 2023. Bonne lecture !
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chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 45

Je retombai, les pieds sur les dalles du temple, debout près des cierges allumés.

J'attendis là que le garçon du début revînt me chercher, bien décidée à lui demander des explications mais les vautours ne me laissaient pas tranquille. On aurait dit qu'ils voulaient me manger la cervelle.

Une dame du temple vint me demander ce que je faisais là. Elle était un peu grosse, les cheveux grisonnants et le visage sévère. On aurait dit une directrice d'école.

Je lui expliquai que c'était le garçon qui m'avait dit de l'attendre ici.

« Tu dois pas rester là, répondit la dame. Ce n'est pas ici que tu dois chercher ce garçon, il ne viendra jamais. Il t'a pris ta mission pour l'accomplir à ta place, parce que tout le monde a besoin d'une mission pour vivre, mais lui a perdu la sienne. C'est pour ça, qu'il fait ça. Si tu veux le retrouver, sors d'ici et marche sur le chemin de ta destinée ! Accomplis ta mission toi-même ! Alors, le garçon que tu cherches n'aura plus de mission parce que tu l'auras reprise en main. Il sera obligé de revenir vers toi. Il retrouvera ta mission et la sienne auprès de toi. C'est comme ça que tu le retrouveras. Va ! »

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 44

Il me lâcha les mains, je me sentis dégringoler et soudain retenue dans le vide par les mains de tous les vautours qui me tiraient dans tous les sens comme s'ils voulaient m'arracher les bras et les jambes.

C'était terrifiant mais, curieusement, je n'avais pas peur pour moi-même. On aurait dit que ma dernière avait sonnée, que j'étais tombée dans un piège dont aucune fille ne ressort indemne mais c'est pour les autres filles que j'avais peur, comme si le danger était plus grand pour les autres que pour moi.

Je n'en menais pas large tout de même, me sentant victime d'une violence collective qui se faisait d'autant plus virulente que je restais sans réaction. J'essayais de mettre de l'ordre dans mes pensées : j'étais dans les hauteurs du temple ; j'étais au milieu des vautours pour avoir été fidèle à mon mari ; j'étais dans la vision pour avoir obéi à mon père. Je n'avais rien à me reprocher, mon âme était pure. il ne pouvait - il ne devait - rien m'arriver.

Du coup, je criai, pour être entendue au milieu du tumulte :

« J'ai rien fait d'mal ! Si j'meurs, vous devrez en répondre. »

À ces mots, les vautours prirent peur et me lâchèrent.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 43

En bas, il y avait les vautours et, plus bas encore, il y avait les dalles du temple et les cierges. Mon salut, je ne pouvais le chercher que dans la fidélité à mon vrai mari.

En bas, il y avait les vautours. En dessous des vautours, il y avait les dalles du temple et, tout en bas, tout en bas, il y avait le plancher de la salle à manger.

Quitte à me faire mal en tombant,

« lâche-moi ! »

ordonnai-je au garçon-vautour.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 42

Mécontent, le garçon-vautour, qui me tenait toujours fermement les mains, fronça les sourcils et se fit menaçant.

« Fais attention ! Si je te lâche, tu vas tomber au milieu des vautours. »

Les vautours tournoyaient en dessous de nous. Nous étions revenus au point de départ et celui qui me tenait les mains me demanda de choisir :

« Soit tu me suis gentiment et je te ferai juste un petit peu mal ; soit je te lâche au milieu de mes copains, ils vont te déchiqueter et moi avec eux. »