diffusion du livre d'Angélique Andthehord
SEX AND DESTROY Un nouveau son rock ?
Nouvel extrait vendredi 3 février 2023. Bonne lecture !
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chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 25

Si on veut protéger son rire du danger d'être cassé, il faut le laisser rangé dans son cartable. Moi, je ne l'amenais même pas à l'école.

Comme chacun sait, un enfant qui ne rit pas est un enfant traumatisé donc le règlement scolaire est traumatisant.

Bon, moi, ce que j'en dis… je n'étais pas la seule à ne pas rire à la lecture du règlement scolaire mais j'étais la seule à pleurer, toute seule dans mon coin, tout au long de l'année scolaire. Alors, écoutons ce que les autres avaient à en dire !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 24

Quand on se détourne de la sagesse, on perd son discernement. Ça valait aussi bien pour les professeurs que pour les enfants désobéissants. Deux enfants qui parlent ensemble, pendant la classe, au lieu d'écouter le professeur, font-ils une bêtise ? Non, ils marquent leur refus au règlement scolaire mais, à force de sanctions, à force de dérives, ils finissent par croire que ce sont des bêtises et qu'heureusement que le règlement scolaire est là pour les corriger. Alors, leur rire d'enfant, auquel ils se raccrochaient tant, ce rire espiègle qui les trahissait, s'évanouit petit à petit et ils deviennent des adultes qui trouvent le règlement très bien et estiment qu'il faut l'imposer aux enfants. Telle est la voie de perdition dans laquelle s'enfoncent les enfants désobéissants.

extrait de La guerre folle

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 23

Mais où est la sagesse ?! Tout le monde sait que le sage se tait lorsqu'il n'est pas écouté. Est-ce que deux enfants qui parlent ensemble en classe font une bêtise ? Non ! ils marquent leur désintérêt pour les propos du professeur. C'est un droit, que le règlement scolaire retirait aux enfants. La sagesse aurait voulu que le prof disse :

« Ça vous intéresse pas, c'que j'dis ? Ok, je me tais. »

Le droit à la liberté, que l'enfant ne devait pas à l'éducation nationale, lui était arraché par l'éducation nationale dans la mesure où elle bafouait la sagesse.

extrait de La guerre folle

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 22

Mais moi, j'étais sage. Je n'étais pas comme les filles agitées qui riaient à la lecture du règlement scolaire. Pour avoir envie de rire, en entendant ce sinistre réglement qui allait nous être imposé pendant toute la période qui nous séparait des prochaines grandes vacances, il fallait faire le choix de la désobéissance. Pour ça, ces filles-là, je les avais vues à l'œuvre l'an passé ! Elles riaient toujours, quand elles faisaient des bêtises… mais elles arrêtaient de rire quand elles étaient punies. L'histoire avait toujours cette finalité.

Alors, bien sûr, les filles qui voulaient faire des bêtises tâchaient de s'arranger pour ne pas se faire prendre mais, à la longue, la menace d'une sanction agit comme la sanction elle-même et, s'il veut avoir l'esprit en paix, l'enfant grandissant doit apprendre à s'assagir.

extrait de La guerre folle

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 64

Quand j'avais huit ans, j'ai osé avoir un amoureux en colonie de vacances. Toutes les filles de mon dortoir me montraient du doigt parce que je laissais un garçon regarder mon papafe alors que je n'avais que huit ans. Moi, je savais que toutes ces filles - à une exception près, peut-être - feraient l'amour avant de se trouver un mari, lorsqu'elles seraient en âge où toutes les copines le font. Ce sont des hypocrites. Moi, j'ai obéi à l'amour, elles n'obéissent qu'à la mode.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 63

L'amour, c'est dans la réalité qu'il faut le chercher, pas dans l'imaginaire. La vie, c'est fait pour ça.

Les grandes personnes disent que c'est vingt ans, l'âge de l'amour. Et pourquoi donc ? Pour se chercher un mari ?

Soit dit en passant, ce sont les mêmes grandes personnes qui parlent de garder un cœur d'enfant. Parlent-elles d'un cœur fermé à l'amour ?

Quand j'étais en maternelle, il y avait un garçon aux cheveux blonds et bouclés qui revenait souvent dans mon champ de vision. Je ne l'aurais probablement pas gardé dans ma mémoire si ma grande sœur ne m'avait pas demandé un jour qui était mon amoureux de maternelle. Jusque-là, ni Camille ni moi n'étions conscients de vivre une histoire d'amour mais c'était le cas.

L'amour, il est là, il est présent, là où on vit. Il ne faut pas fermer les yeux sur lui sous prétexte d'être fidèle au mari qu'on aura plus tard. Ce n'est pas lui faire honneur que de fermer son cœur à l'amour tout au long de son enfance. Ce n'est pas ça, la fidélité.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 62

- Alors, écoute-le ! Quand tu auras entendu ce qu'il a à te dire, il te laissera tranquille. Quand tu es venue me parler de tes histoires imaginaires, je les ai trouvées bien tourmentées mais, en définitive, l'enfant dans le tourment, c'est Nicolas. C'est lui qui cause tout ce remue-ménage parce que son message n'est pas entendu. Alors, retourne dans ta chambre et écoute-le !

- Meh ! j'ai pas fini d'raconter mes histoires, moi. J'ai même pas encore parlé de l'Ange Noir.

- Je ne veux plus rien entendre. Va dans ta chambre ! Écoute Nicolas ! »

trancha mon père, avant de se replonger dans sa lecture.

Pfff ! Qu'est-ce qu'y y a ? Qu'est-ce que vous avez tous à me regarder comme ça ? Vous voulez que j'vous parle de Nicolas ? Je n'ai rien à en dire. S'il existe, qu'il se manifeste, en chair et en os !

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 61

- Et si moi, j'veux pas l'écouter ?!

- Pourquoi tu voudrais pas l'écouter ? Et si moi, j't'écoutais pas ? T'as voulu venir me raconter tes histoires imaginaires et j'ai pris de mon temps pour les écouter. J'étais pas obligé. Tout l'monde a un imaginaire et personne n'embête les autres avec, en général. Pourtant, j't'ai écoutée. T'aurais voulu que j'te dise : "va-t'en", "j't'écoute pas", "t'existes pas" ?

- Mais moi, le soir, j'reste dans mon lit, je hante pas les chambres des autres, chuis pas un fantôme…

- Ne l'traite pas d'fantôme ! C'est un enfant. Tu voudrais qu'il meure ?

- Mais non, j'veux pas qu'y meure, j'veux qu'y m'laisse tranquille.

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 60

- Pourquoi tu l'chasses ? insista mon père sur un ton réprobateur.

- Parce que ! j'en ai marre, moi. Il est tout l'temps méchant. Même, un jour, il a dit que c'est lui qui a fait mourir Pépère et qu'il allait faire mourir toute la famille autour de moi.

- Qu'est-ce que c'est qu'ces histoires ? C'est des bêtises, ça. C'est juste un petit enfant qui raconte n'importe quoi pour se rendre intéressant, pour que tu fasses attention à lui. Tout c'qu'y veut, c'est qu'tu l'écoutes.

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 59

Mon père eut un sursaut en m'entendant imiter la voix du petit Nicolas, regarda fixement dans les airs, à côté de moi, comme s'il y voyait l'enfant en question et me gronda :

« Ben alors, pourquoi tu l'traites de fantôme ? »

comme si cette saleté de Fantôme venait de se plaindre à mon père que je l'embêtais !

« Parce que ! j'en ai marre, à la fin. Il est tout l'temps dans ma chambre. Tous les soirs, avant de m'endormir, j'peux jamais penser tranquillement, toute seule dans ma tête. Faut toujours qu'y la ramène. Alors, moi, j'lui dis : "Tu hantes ma chambre, c'est qu't'es un fantôme. Va-t'en !"

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 58

« Mort, Nicolas ? bredouillai-je. Mais quand ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça s'fait qu't'es au courant ? Tu l'connaissais ?

- Non, moi, j'en sais rien mais si tu dis qu'c'est un fantôme, c'est que tu le perçois comme étant mort, continua mon père sur le même petit ton délicat.

- Mais non ! m'exclamai-je, c'est une blague. J'le surnomme le Fantôme parce qu'il aime pas que j'l'appelle comme ça mais il est pas mort, j'crois pas. J'ai pas l'impression d'le voir dans la mort. Il a l'air en pleine forme, en tout cas. Même, quand il a ses p'tits nerfs, y rouspète : "Chuis pas un fantôme ! J'existe et je m'appelle Nicolas !" »

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 55

Dans notre civilisation, on parle d'Époux et d'Âme Sœur. Ils sont séparés et aspirent à se retrouver. C'est l'amour impossible, le grand amour. L'Époux, c'est l'homme et l'Âme Sœur, c'est la femme. Par contre, l'enfant, dans notre civilisation, il a sa carte, lui aussi mais on n'en parle pas où, plutôt, on en parle à voix basse, c'est tabou. L'enfant, c'est l'Amoureux.

Mais qui est l'Amoureux ? Où est-il ? Il était là, au commencement, avec la petite fille mais, des fois, elle le perd parce que… elle a pas le droit. Le monde des hommes n'était pas prêt.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 48

Je n'avais pas le sentiment, dans ce rêve, d'être en présence de personnages surhumains ou quoique ce soit de ce genre. Je me voyais enfant entourée d'enfants qui jouent ensemble à faire semblant d'être Dieu et Lucifer.

Dans mon rêve, au départ, rien n'existe à part moi et c'est ce qui définit Dieu au commencement. Alors, comment ça se fait que moi j'existe, si rien n'existe à part moi ? Tout simplement parce que je viens du monde de la réalité, monde dans lequel mon existence n'est pas mise en doute mais là, je dors et la logique veut que moi seule existe dans ce monde qui est celui de mes rêves personnels. D'ailleurs, tout ce qui pourrait apparaître et survenir dans ce monde aura été créé par moi donc, sauf au fait que je respire, je suis Dieu.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 46

J'obéis. Je marchai sur les dalles du temple en direction de la sortie ; mes pieds foulaient le plancher de la salle à manger, j'étais en parfait équilibre, marchant vers la chambre de mes parents pour aller parler de tout ça avec mon père.

Entrant dans la chambre parentale, je trouvai mon père assis à la tête du lit, en train de lire paisiblement. Quand il me vit arriver, il posa son livre et me fit asseoir à côté de lui.

Bien évidemment, nous parlâmes de visions, d'imaginaire et de ce qui venait de m'arriver.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 45

Je retombai, les pieds sur les dalles du temple, debout près des cierges allumés.

J'attendis là que le garçon du début revînt me chercher, bien décidée à lui demander des explications mais les vautours ne me laissaient pas tranquille. On aurait dit qu'ils voulaient me manger la cervelle.

Une dame du temple vint me demander ce que je faisais là. Elle était un peu grosse, les cheveux grisonnants et le visage sévère. On aurait dit une directrice d'école.

Je lui expliquai que c'était le garçon qui m'avait dit de l'attendre ici.

« Tu dois pas rester là, répondit la dame. Ce n'est pas ici que tu dois chercher ce garçon, il ne viendra jamais. Il t'a pris ta mission pour l'accomplir à ta place, parce que tout le monde a besoin d'une mission pour vivre, mais lui a perdu la sienne. C'est pour ça, qu'il fait ça. Si tu veux le retrouver, sors d'ici et marche sur le chemin de ta destinée ! Accomplis ta mission toi-même ! Alors, le garçon que tu cherches n'aura plus de mission parce que tu l'auras reprise en main. Il sera obligé de revenir vers toi. Il retrouvera ta mission et la sienne auprès de toi. C'est comme ça que tu le retrouveras. Va ! »

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 37

Et là, je me retrouvai toute seule dans la vision, dans le grand temple en pierre qui figurait précédemment au bord du décor.

Précédemment, je ne vous avais pas décrit le décor grec qui bordait la place de ma vision parce que mon attention ne s'était pas arrêtée sur ses détails mais le fait est que j'y avais aperçu quelque édifice qui faisait penser à un temple. Maintenant, je voyais partout autour de moi l'intérieur du temple et j'étais là, debout à côté des cierges.

Et voilà que je restais maintenue là, toute seule, dans la vision, dans les airs. Je savais bien que, pour de vrai, j'étais debout dans la salle à manger mais c'est comme si je n'arrivais pas à ouvrir les yeux, comme si mon cerveau n'arrivait pas à trouver l'accès à mes yeux pour les ouvrir - ou ne voulait pas. Il préférait se satisfaire de ce qu'il était en train de regarder. Alors, mon esprit tout entier était absorbé par cette vision et j'étais là, debout, à côté des sièges, dans le temple, à l'intérieur de la vision, dans les airs.

Avais-je la possibilité de revenir à la réalité quand je voulais, de ma propre volonté, en me concentrant très fort ? Oui, sans doute, je savais me réveiller mais là, j'étais entrée dans la vision en me sentant soulevée dans les airs par les mains du garçon. Alors, si je rompais de ma propre volonté le lien qui me retenait dans les airs, j'avais peur de tomber brusquement par terre et de me faire mal.

Il me parut donc plus prudent d'attendre là que le garçon revînt pour lui demander de me redescendre gentiment.

De toute façon, c'était mon père qui m'avait dit.

J'attendis, debout, à côté de cierges.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 36

Ça me faisait peur que le garçon me tînt, ainsi, hors de mon monde mais je n'avais rien à craindre, puisque c'était mon père qui m'avait dit.

En plus, il était beau, il me souriait. Il était gentil. Je voulus bien me laisser aller à imaginer que je dansais avec lui en lui faisant des sourires.

Dansant en me tenant les mains, le garçon me demanda :

« Qu'est-ce que ce serait, le bonheur, pour toi ? »

- Pour moi, le bonheur, ce serait que les enfants, à l'école, jouent tous ensemble »

répondis-je.

Et là, me maintenant toujours les mains, il me fit faire volte-face en disant :

« D'accord. Attends-moi là ! J'm'en occupe. »

Et là, il me poussa en arrière, il me fit entrer dans le temple et partit très vite.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 35

Me voyant me détourner, le garçon fit disparaître ses fleurs et dansa pour montrer comme il était beau.

Il tendit les mains vers moi pour m'inviter à danser avec lui. En principe, ça ne se pouvait pas que je dansasse avec lui, étant donné qu'il était dans une vision alors que moi, j'étais en vrai, les pieds sur le plancher de la salle à manger mais je voulus bien, comme il me le suggéra, imaginer que je tendais les mains vers lui pour qu'il m'emmenât danser avec lui. Je n'avais pas besoin de demander la permission à mes parents puisque c'était mon père qui m'avait dit.

Et là, je sentis nettement ses mains prendre les miennes. Je me sentis soulevée et transportée dans la vision.

Et là, je ne parvins plus à voir le décor de la salle à manger dans laquelle, en principe, je me trouvais mais seulement celui de la vision, très nettement, partout où je regardais autour de moi. Je ne sentais même plus le sol, sous mes pieds.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 34

Le jeune homme était toujours là, visible, dansant gracieusement. Je regardais dans l'image de la vision et, effectivement, c'était un garçon de mon âge, tout joyeux, tout souriant.

Ses pieds étaient sur un gazon parsemé de pâquerettes et il se baissa pour cueillir quelques fleurs.

Personnellement, la cueillette, ce n'était pas mon passe-temps favori. Après, chacun fait ce qui l'amuse mais je ne comprenais pas l'intérêt qu'avait ce garçon à se manifester à moi en vision pour me montrer qu'il jouait à cueillir des fleurs. Mes personnages imaginaires ne m'avaient pas habituée à des motifs de visite aussi dérisoires mais bon, il était là en tant qu'ami de mon père et je lui souris poliment. En plus, il était beau.

Le garçon de la vision me montra les fleurs qu'il avait cueillies mais ne me les offrit pas. Sans doute le bouquet était-il pour quelqu'un d'autre ; sa maman, peut-être.

Mais bon, c'est gentil, tout ça mais je ne me sentais pas très concernée par cette vision.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 33

« Regarde bien ! C'est un enfant qui se cache dans l'image. »

me répondit mon père.

Tandis que j'y regardais, mon père se leva, portant dans ses mains les paquets de cartes dans leurs boîtes.

Il ajouta :

« Je vais faire une sieste. Quand tu auras fini, viens me voir ! »

J'y comptais bien !