diffusion du livre d'Angélique Andthehord
SEX AND DESTROY Un nouveau son rock ?
Nouvel extrait vendredi 3 février 2023. Bonne lecture !
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chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 21

Bon, après, ils comprenaient quand même un petit peu, ne serait-ce que parce que les agaceries de certaines élèves indisciplinées leur servaient de leçon mais, au bout du compte, la punition était toujours retournée par le professeur contre l'élève indiscipliné, puisque c'est ce que le règlement avait prévu.

Finalement, c'était une guerre qui se livrait entre les enseignants et les élèves. Tout ça, à cause d'un règlement scolaire pondu par des gens ; des gens qui vivaient, quelque part, ailleurs ; des gens que nous ne connaissions pas et qui ne nous connaissaient pas ; des gens qui se faisaient appeler éducation nationale.

extrait de La guerre folle

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 60

- Pourquoi tu l'chasses ? insista mon père sur un ton réprobateur.

- Parce que ! j'en ai marre, moi. Il est tout l'temps méchant. Même, un jour, il a dit que c'est lui qui a fait mourir Pépère et qu'il allait faire mourir toute la famille autour de moi.

- Qu'est-ce que c'est qu'ces histoires ? C'est des bêtises, ça. C'est juste un petit enfant qui raconte n'importe quoi pour se rendre intéressant, pour que tu fasses attention à lui. Tout c'qu'y veut, c'est qu'tu l'écoutes.

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 59

Mon père eut un sursaut en m'entendant imiter la voix du petit Nicolas, regarda fixement dans les airs, à côté de moi, comme s'il y voyait l'enfant en question et me gronda :

« Ben alors, pourquoi tu l'traites de fantôme ? »

comme si cette saleté de Fantôme venait de se plaindre à mon père que je l'embêtais !

« Parce que ! j'en ai marre, à la fin. Il est tout l'temps dans ma chambre. Tous les soirs, avant de m'endormir, j'peux jamais penser tranquillement, toute seule dans ma tête. Faut toujours qu'y la ramène. Alors, moi, j'lui dis : "Tu hantes ma chambre, c'est qu't'es un fantôme. Va-t'en !"

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 58

« Mort, Nicolas ? bredouillai-je. Mais quand ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça s'fait qu't'es au courant ? Tu l'connaissais ?

- Non, moi, j'en sais rien mais si tu dis qu'c'est un fantôme, c'est que tu le perçois comme étant mort, continua mon père sur le même petit ton délicat.

- Mais non ! m'exclamai-je, c'est une blague. J'le surnomme le Fantôme parce qu'il aime pas que j'l'appelle comme ça mais il est pas mort, j'crois pas. J'ai pas l'impression d'le voir dans la mort. Il a l'air en pleine forme, en tout cas. Même, quand il a ses p'tits nerfs, y rouspète : "Chuis pas un fantôme ! J'existe et je m'appelle Nicolas !" »

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 27

J'avais bien plus souvent l'occasion de voir des cartes étalées sur la table qu'un sapin décoré dans la pièce. Alors, le souvenir du jeune homme posté derrière les uns et les autres au cours d'une certaine partie de pouilleux, il me revenait toujours à l'esprit mais je ne m'y arrêtais pas forcément à chaque fois. J'en gardais surtout une certaine méfiance des jeux de cartes.

C'est vrai, quoi ! si l'imaginaire ne se voit qu'avec les yeux de la petite enfance, pourquoi n'a-t-on pas fait de moi son interprète le moment venu au lieu de me forcer à jouer pour ensuite me reprocher d'être une mauvaise perdante ? C'est les autres qui ont exclu le jeune homme, pas moi. C'est leur règle du jeu qui a créé le conflit.

Moi, j'avais dit au jeune homme : « va-t'en » dans le cadre de ce jeu parce que le but que je devais rechercher était de gagner. Ce n'était pas ma vocation première. Moi, j'étais venue à cette tablée le cœur en joie pour passer un moment de jeu et de bonheur partagé avec mon papa, ma maman, mon caki et ma nani. Eux m'ont glissé entre les mains un jeu dont le principe est de vouloir que l'autre perde pour soi-même gagner et, pendant longtemps - jusqu'à l'apparition du jeune homme, en fait - je ne m'étais pas rendu compte que le but du jeu était à l'opposé du mien.