diffusion du livre d'Angélique Andthehord
SEX AND DESTROY Un nouveau son rock ?
Nouvel extrait vendredi 3 février 2023. Bonne lecture !
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chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 98

Levant les yeux, je pus me rendre compte que tout le monde était bien là, y compris les plus bruyantes, qui me regardaient ensemble, comme si elles s'étaient dit des choses sur moi.

Des choses méchantes, à tous les coups.

Bien entendu, aucune n'avait son tablier. Était-ce encore de cela dont il était question ?

Non loin d'elles, Carole et ses copines, sans leurs tabliers, me regardaient aussi, sans parler. Ailleurs encore, d'autres filles me regardaient pareil, sans leurs tabliers. Anne et Fabienne en faisaient autant. Partout dans la classe, je ne voyais que des élèves de cinquième, sans leurs tabliers, qui me regardaient sans rien dire, d'un air d'attendre quelque chose, au nom de la classe.

Murielle, assise sur sa table, les pieds sur sa chaise, me regardait pareil que les autres, ni plus ni moins. Elle n'avait pas son tablier non plus. Anne-Marie était assise à côté d'elle.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 88

Se retournant pour voir à qui je parlais, toutes les filles virent Murielle sortir précipitamment son tablier de son cartable sans demander son reste. Alors, elles se dispersèrent comme une volée de moineau, chacune plongeant sur son cartable et…

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 87

Et pour cause ! elle était loin derrière tout le monde, à sa place, au premier rang, avec Anne-Marie à côté d'elle. Assise sur sa table, les pieds sur sa chaise, Murielle regardait la scène en se bidonnant.

Les regards des autres filles, interrogateurs et inquiets, étaient tous si bien rivés sur moi que nulle ne remarqua Murielle quand elle me fit un signe de tête en articulant sur ses lèvres : « c'est vrai ? » afin que je lui envoyasse un indice pour la mettre dans la confidence de ma supercherie, si c'en était une.

« Oui, c'est vrai ! »

m'écriai-je, paniquée.

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 86

Carole me regardait en hochant la tête d'un air sceptique. Il est vrai que je ne manquais jamais une occasion de la taquiner, tant elle prenait la mouche facilement.

Ça n'a rien à voir ! Èe sait même pas faire la part des choses. Qu'elle est bête, celle-là !… Murielle !

Murielle me connaissait. Encore, le mercredi d'avant, elle m'avait reçue chez elle et nous avions passé l'après-midi ensemble. Où était-elle donc ? Je ne parvenais pas à la repérer à l'intérieur de l'attroupement que j'avais devant moi.

extrait de Obéissez !

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 60

- Pourquoi tu l'chasses ? insista mon père sur un ton réprobateur.

- Parce que ! j'en ai marre, moi. Il est tout l'temps méchant. Même, un jour, il a dit que c'est lui qui a fait mourir Pépère et qu'il allait faire mourir toute la famille autour de moi.

- Qu'est-ce que c'est qu'ces histoires ? C'est des bêtises, ça. C'est juste un petit enfant qui raconte n'importe quoi pour se rendre intéressant, pour que tu fasses attention à lui. Tout c'qu'y veut, c'est qu'tu l'écoutes.

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 58

« Mort, Nicolas ? bredouillai-je. Mais quand ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça s'fait qu't'es au courant ? Tu l'connaissais ?

- Non, moi, j'en sais rien mais si tu dis qu'c'est un fantôme, c'est que tu le perçois comme étant mort, continua mon père sur le même petit ton délicat.

- Mais non ! m'exclamai-je, c'est une blague. J'le surnomme le Fantôme parce qu'il aime pas que j'l'appelle comme ça mais il est pas mort, j'crois pas. J'ai pas l'impression d'le voir dans la mort. Il a l'air en pleine forme, en tout cas. Même, quand il a ses p'tits nerfs, y rouspète : "Chuis pas un fantôme ! J'existe et je m'appelle Nicolas !" »

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 49

Quoi de plus universel ? Finalement, la première chose qui nous est offerte, quand on entre dans le monde des rêves, c'est de faire l'expérience de l'essence divine. Je suis Dieu, maître de la création.

La création, au départ, elle se résume à que dalle. On invente les rêves qu'on veut ; ou qu'on ne veut pas, si les émotions l'emportent. De toute façon, une fois qu'on est pris au jeu à l'intérieur du rêve, les émotions finissent toujours par l'emporter. Alors, on efface tout et il ne reste plus rien.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 47

Mon père m'annonça qu'il était temps de mettre toutes les cartes en ordre, pas celles du jeu de belote mais celles de mon monde imaginaire. Mes personnages, que racontent-ils ?

Pour le savoir, il faut commencer par remonter à la source. Elle est au chapitre XII, c'est le rêve que j'avais fait, une nuit, à propos de Dieu et Lucifer.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 46

J'obéis. Je marchai sur les dalles du temple en direction de la sortie ; mes pieds foulaient le plancher de la salle à manger, j'étais en parfait équilibre, marchant vers la chambre de mes parents pour aller parler de tout ça avec mon père.

Entrant dans la chambre parentale, je trouvai mon père assis à la tête du lit, en train de lire paisiblement. Quand il me vit arriver, il posa son livre et me fit asseoir à côté de lui.

Bien évidemment, nous parlâmes de visions, d'imaginaire et de ce qui venait de m'arriver.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 45

Je retombai, les pieds sur les dalles du temple, debout près des cierges allumés.

J'attendis là que le garçon du début revînt me chercher, bien décidée à lui demander des explications mais les vautours ne me laissaient pas tranquille. On aurait dit qu'ils voulaient me manger la cervelle.

Une dame du temple vint me demander ce que je faisais là. Elle était un peu grosse, les cheveux grisonnants et le visage sévère. On aurait dit une directrice d'école.

Je lui expliquai que c'était le garçon qui m'avait dit de l'attendre ici.

« Tu dois pas rester là, répondit la dame. Ce n'est pas ici que tu dois chercher ce garçon, il ne viendra jamais. Il t'a pris ta mission pour l'accomplir à ta place, parce que tout le monde a besoin d'une mission pour vivre, mais lui a perdu la sienne. C'est pour ça, qu'il fait ça. Si tu veux le retrouver, sors d'ici et marche sur le chemin de ta destinée ! Accomplis ta mission toi-même ! Alors, le garçon que tu cherches n'aura plus de mission parce que tu l'auras reprise en main. Il sera obligé de revenir vers toi. Il retrouvera ta mission et la sienne auprès de toi. C'est comme ça que tu le retrouveras. Va ! »

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 44

Il me lâcha les mains, je me sentis dégringoler et soudain retenue dans le vide par les mains de tous les vautours qui me tiraient dans tous les sens comme s'ils voulaient m'arracher les bras et les jambes.

C'était terrifiant mais, curieusement, je n'avais pas peur pour moi-même. On aurait dit que ma dernière avait sonnée, que j'étais tombée dans un piège dont aucune fille ne ressort indemne mais c'est pour les autres filles que j'avais peur, comme si le danger était plus grand pour les autres que pour moi.

Je n'en menais pas large tout de même, me sentant victime d'une violence collective qui se faisait d'autant plus virulente que je restais sans réaction. J'essayais de mettre de l'ordre dans mes pensées : j'étais dans les hauteurs du temple ; j'étais au milieu des vautours pour avoir été fidèle à mon mari ; j'étais dans la vision pour avoir obéi à mon père. Je n'avais rien à me reprocher, mon âme était pure. il ne pouvait - il ne devait - rien m'arriver.

Du coup, je criai, pour être entendue au milieu du tumulte :

« J'ai rien fait d'mal ! Si j'meurs, vous devrez en répondre. »

À ces mots, les vautours prirent peur et me lâchèrent.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 43

En bas, il y avait les vautours et, plus bas encore, il y avait les dalles du temple et les cierges. Mon salut, je ne pouvais le chercher que dans la fidélité à mon vrai mari.

En bas, il y avait les vautours. En dessous des vautours, il y avait les dalles du temple et, tout en bas, tout en bas, il y avait le plancher de la salle à manger.

Quitte à me faire mal en tombant,

« lâche-moi ! »

ordonnai-je au garçon-vautour.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 40

Je lui demandai qui il était et il prétendit être mon mari.

Mon mari ? Alors, ça voulait dire que je pouvais le suivre sans me poser de questions ? Sauf que, le soir, dans ma chambre, avant de m'endormir, il était déjà arrivé que j'eusse l'apparition du mari que la destinée me réservait. Celui-ci me paraissait différent mais un peu ressemblant quand même. Je n'étais pas sûre que ce fût bien lui.

Mon mari, un vautour comme les vautours qui voulaient me dévorer ? Sûrement pas et j'avais peur. Mon mari, celui qui m'avait déjà visitée dans ma chambre, m'avait dit que je ne devais laisser aucun prédateur lui voler sa part. Les prédateurs ? Je savais que c'étaient des animaux mais je ne savais pas lesquels. La maîtresse ne m'avait pas appris cela ou bien j'avais oublié. Les vautours sont-ils des prédateurs ?

Ça s'pourrait !

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 37

Et là, je me retrouvai toute seule dans la vision, dans le grand temple en pierre qui figurait précédemment au bord du décor.

Précédemment, je ne vous avais pas décrit le décor grec qui bordait la place de ma vision parce que mon attention ne s'était pas arrêtée sur ses détails mais le fait est que j'y avais aperçu quelque édifice qui faisait penser à un temple. Maintenant, je voyais partout autour de moi l'intérieur du temple et j'étais là, debout à côté des cierges.

Et voilà que je restais maintenue là, toute seule, dans la vision, dans les airs. Je savais bien que, pour de vrai, j'étais debout dans la salle à manger mais c'est comme si je n'arrivais pas à ouvrir les yeux, comme si mon cerveau n'arrivait pas à trouver l'accès à mes yeux pour les ouvrir - ou ne voulait pas. Il préférait se satisfaire de ce qu'il était en train de regarder. Alors, mon esprit tout entier était absorbé par cette vision et j'étais là, debout, à côté des sièges, dans le temple, à l'intérieur de la vision, dans les airs.

Avais-je la possibilité de revenir à la réalité quand je voulais, de ma propre volonté, en me concentrant très fort ? Oui, sans doute, je savais me réveiller mais là, j'étais entrée dans la vision en me sentant soulevée dans les airs par les mains du garçon. Alors, si je rompais de ma propre volonté le lien qui me retenait dans les airs, j'avais peur de tomber brusquement par terre et de me faire mal.

Il me parut donc plus prudent d'attendre là que le garçon revînt pour lui demander de me redescendre gentiment.

De toute façon, c'était mon père qui m'avait dit.

J'attendis, debout, à côté de cierges.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 36

Ça me faisait peur que le garçon me tînt, ainsi, hors de mon monde mais je n'avais rien à craindre, puisque c'était mon père qui m'avait dit.

En plus, il était beau, il me souriait. Il était gentil. Je voulus bien me laisser aller à imaginer que je dansais avec lui en lui faisant des sourires.

Dansant en me tenant les mains, le garçon me demanda :

« Qu'est-ce que ce serait, le bonheur, pour toi ? »

- Pour moi, le bonheur, ce serait que les enfants, à l'école, jouent tous ensemble »

répondis-je.

Et là, me maintenant toujours les mains, il me fit faire volte-face en disant :

« D'accord. Attends-moi là ! J'm'en occupe. »

Et là, il me poussa en arrière, il me fit entrer dans le temple et partit très vite.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 35

Me voyant me détourner, le garçon fit disparaître ses fleurs et dansa pour montrer comme il était beau.

Il tendit les mains vers moi pour m'inviter à danser avec lui. En principe, ça ne se pouvait pas que je dansasse avec lui, étant donné qu'il était dans une vision alors que moi, j'étais en vrai, les pieds sur le plancher de la salle à manger mais je voulus bien, comme il me le suggéra, imaginer que je tendais les mains vers lui pour qu'il m'emmenât danser avec lui. Je n'avais pas besoin de demander la permission à mes parents puisque c'était mon père qui m'avait dit.

Et là, je sentis nettement ses mains prendre les miennes. Je me sentis soulevée et transportée dans la vision.

Et là, je ne parvins plus à voir le décor de la salle à manger dans laquelle, en principe, je me trouvais mais seulement celui de la vision, très nettement, partout où je regardais autour de moi. Je ne sentais même plus le sol, sous mes pieds.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 33

« Regarde bien ! C'est un enfant qui se cache dans l'image. »

me répondit mon père.

Tandis que j'y regardais, mon père se leva, portant dans ses mains les paquets de cartes dans leurs boîtes.

Il ajouta :

« Je vais faire une sieste. Quand tu auras fini, viens me voir ! »

J'y comptais bien !

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 27

J'avais bien plus souvent l'occasion de voir des cartes étalées sur la table qu'un sapin décoré dans la pièce. Alors, le souvenir du jeune homme posté derrière les uns et les autres au cours d'une certaine partie de pouilleux, il me revenait toujours à l'esprit mais je ne m'y arrêtais pas forcément à chaque fois. J'en gardais surtout une certaine méfiance des jeux de cartes.

C'est vrai, quoi ! si l'imaginaire ne se voit qu'avec les yeux de la petite enfance, pourquoi n'a-t-on pas fait de moi son interprète le moment venu au lieu de me forcer à jouer pour ensuite me reprocher d'être une mauvaise perdante ? C'est les autres qui ont exclu le jeune homme, pas moi. C'est leur règle du jeu qui a créé le conflit.

Moi, j'avais dit au jeune homme : « va-t'en » dans le cadre de ce jeu parce que le but que je devais rechercher était de gagner. Ce n'était pas ma vocation première. Moi, j'étais venue à cette tablée le cœur en joie pour passer un moment de jeu et de bonheur partagé avec mon papa, ma maman, mon caki et ma nani. Eux m'ont glissé entre les mains un jeu dont le principe est de vouloir que l'autre perde pour soi-même gagner et, pendant longtemps - jusqu'à l'apparition du jeune homme, en fait - je ne m'étais pas rendu compte que le but du jeu était à l'opposé du mien.