diffusion du livre d'Angélique Andthehord
SEX AND DESTROY Un nouveau son rock ?
Nouvel extrait vendredi 3 février 2023. Bonne lecture !
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chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 99

C'est normal, de la part de Murielle, de soutenir Anne-marie, puisque c'est son amie.

Et moi ? What about me ?

Au nom du rock n roll qui nous unit !

Sans dire un mot, je me levai, ôtai mon tablier et le rangeai dans mon cartable.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 98

Levant les yeux, je pus me rendre compte que tout le monde était bien là, y compris les plus bruyantes, qui me regardaient ensemble, comme si elles s'étaient dit des choses sur moi.

Des choses méchantes, à tous les coups.

Bien entendu, aucune n'avait son tablier. Était-ce encore de cela dont il était question ?

Non loin d'elles, Carole et ses copines, sans leurs tabliers, me regardaient aussi, sans parler. Ailleurs encore, d'autres filles me regardaient pareil, sans leurs tabliers. Anne et Fabienne en faisaient autant. Partout dans la classe, je ne voyais que des élèves de cinquième, sans leurs tabliers, qui me regardaient sans rien dire, d'un air d'attendre quelque chose, au nom de la classe.

Murielle, assise sur sa table, les pieds sur sa chaise, me regardait pareil que les autres, ni plus ni moins. Elle n'avait pas son tablier non plus. Anne-Marie était assise à côté d'elle.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 96

- Non, ce n'est pas mon cas et je ne suis pas la seule. D'un côté, oui, c'est vrai que c'est un détail vestimentaire qui séduit les snobs mais, d'un autre côté, Anne-Marie ne l'est pas, la soutenir ne l'est pas non plus. Puis, surtout, c'est une cause qu'on peut gagner parce qu'elle se joue au niveau local. Les grandes lignes du règlement scolaire, elles sont nationales. Nous, à notre niveau, on ne peut pas espérer y changer quelque chose. Par contre, l'uniforme et le port du tablier, c'est spécifique à Voisenon, à notre établissement, financé par nos propres parents. Alors, le dialogue est beaucoup plus facile. Si on arrive à faire entendre notre refus pour cet uniforme, on aura réussi à faire entendre notre refus pour quelque chose qui est à l'intérieur du règlement scolaire qu'on nous a forcé à signer. Ce sera la preuve qu'on n'était pas d'accord avec ce règlement et que notre signature nous a été volée. Mais, pour gagner, il faut qu'on soit toutes unies. Toutes les filles de la classe ont enlevé leur tablier. On n'attend plus que toi. »

Je partis sans répondre. Carole avait tort, c'était forcé, puisque nulle ne pouvait être plus intelligente que moi, surtout pas Carole ! mais, dans l'immédiat, je n'avais pas en tête les arguments pour le lui prouver.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 94

Pourtant, un soir, à Cesson, en revenant de l'école, Carole vint encore me relancer avec cette histoire de tablier que, soi-disant, encore une fois, toutes les filles de la classe à part moi avaient retiré.

Ça me mit en colère et je la rembarrai :

« C'est nouveau qu'tu t'soucies d'comment j'm'habille ! C'est qu't'es devenue copine avec Marie-Annick et les autres méchantes qui se moquent de celles qui ne portent pas des vêtements de marques !

- Mais non, se défendit-elle, je ne suis pas du tout amie avec Marie-Annick et sa bande de snobs et ça ne risque pas d'arriver. Je ne porte pas des vêtements de marques ou alors, s'il m'arrive d'en avoir, je ne les en tiens pas informées. Le problème n'est pas là.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 88

Se retournant pour voir à qui je parlais, toutes les filles virent Murielle sortir précipitamment son tablier de son cartable sans demander son reste. Alors, elles se dispersèrent comme une volée de moineau, chacune plongeant sur son cartable et…

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 87

Et pour cause ! elle était loin derrière tout le monde, à sa place, au premier rang, avec Anne-Marie à côté d'elle. Assise sur sa table, les pieds sur sa chaise, Murielle regardait la scène en se bidonnant.

Les regards des autres filles, interrogateurs et inquiets, étaient tous si bien rivés sur moi que nulle ne remarqua Murielle quand elle me fit un signe de tête en articulant sur ses lèvres : « c'est vrai ? » afin que je lui envoyasse un indice pour la mettre dans la confidence de ma supercherie, si c'en était une.

« Oui, c'est vrai ! »

m'écriai-je, paniquée.

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 86

Carole me regardait en hochant la tête d'un air sceptique. Il est vrai que je ne manquais jamais une occasion de la taquiner, tant elle prenait la mouche facilement.

Ça n'a rien à voir ! Èe sait même pas faire la part des choses. Qu'elle est bête, celle-là !… Murielle !

Murielle me connaissait. Encore, le mercredi d'avant, elle m'avait reçue chez elle et nous avions passé l'après-midi ensemble. Où était-elle donc ? Je ne parvenais pas à la repérer à l'intérieur de l'attroupement que j'avais devant moi.

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 75

Carole, aussi, s'était mise avec ses copines dans les premiers rangs mais en retrait, à l'image de son tempérament réservé, dans la colonne de droite. En somme, Carole et moi étions aux angles opposés de la classe. De toute façon, tout nous opposait, Carole et moi. Elle, c'était une littéraire et moi une matheuse. Par exemple, elle, elle était du genre à accorder une valeur démesurément imagée à de simples mots tels que sanguine alors que moi, j'aimais le rationnel, clair, net et précis. Mais bon, comme disait mon père, si l'orange de Carole avait eu des poux, elle aurait été sanguine aux lentes.

En bref, Carole, avec ses copines, s'était installée juste devant Marie-Annick et son petit groupe de méchantes snobinardes mais elle ne savait pas à qui elle avait affaire, vu qu'elle n'était pas dans notre classe en sixième.

extrait de Repérées

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 74

Là-dessus, Murielle avait pointé son nez dans la classe, s'était précipitée au premier rang et s'était littéralement couchée à plat ventre sur une table devant le bureau du prof, genre : « ça, c'est ma place ! » Simultanément, Valérie avait pris la table à côté de Murielle et l'avait regardée d'un mauvais œil. Pourquoi ? Parce qu'elle voulait que sa copine Marie-lise, arrivant juste derrière, fût à côté d'elle. Une discussion houleuse s'était engagée entre les trois filles. De ma place, je n'entendais pas leurs paroles, fondues dans le brouhaha, mais leurs gestuelles respectives m'avaient très bien fait comprendre que Valérie aurait voulu faire reculer Murielle d'un rang au profit de Marie-lise, sans succès.

Au final, Marie-Lise et Valérie s'étaient dépêchées de prendre les places du deuxième rang avant de se les faire piquer par d'autres.

Fut-ce l'origine de l'éternelle mésentente entre Murielle et Marie-lise ? Je ne sais pas. Marie-lise était une fille gentille, de bonne composition et pas rancunière mais Valérie, j'avais plus de mal à la cerner.

extrait de Repérées

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 71

Un autre soir, pareil, à Cesson , en revenant de l'école, Carole repassa à l'attaque, me rejoignant sur le trottoir juste pour me dire d'enlever mon tablier ; comme si elle s'imaginait que j'allais faire à son idée.

« Tu l'fais exprès pour te faire remarquer ou quoi ?

- Quoi ?

- Tu vois pas qu't'es la seule, dans la classe, qui porte encore son tablier ? Moi, à ta place, j'me sentirais mal. Fais comme tout le monde ! Laisse-le dans ton cartable !

- N'importe quoi ! Le tablier, il est obligatoire pour tout l'monde. Tu l'sais bien.

- Tu vois bien qu'non. Regarde autour de toi, au lieu de rester tout l'temps le nez dans tes chaussures ! »

Mouais, des fois, je voyais que des filles oubliaient de mettre leur tablier et puis, quand il y avait des rappels à l'ordre, elles le remettaient.

Tant qu'à l'enlever pour le remettre, autant le garder.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 70

« Qu'est-ce que ça peut t'fiche, à toi, si j'porte mon tablier ?

- Tu vois pas qu't'as l'air d'une idiote, avec ça dans Cesson ? Enlève-le ! Pourquoi tu l'gardes ?

- Ouais ben j'aurais l'air encore plus idiot si j'me déshabillais en pleine rue. Moi, j'mets mon tablier le matin avant d'partir, avec mon manteau et mes chaussures et j'le retire le soir quand j'arrive. Tu faisais pareil, avant.

- Mais les temps ont changé.

- N'importe quoi ! En plus, à force d'attendre le dernier moment pour l'enfiler, des fois, y en a qui oublient carrément d'le mettre en classe.

- Eh ben, oublie-le, toi aussi !

- N'importe quoi ! »

Il n'était pas si moche que ça, ce tablier. Il était anodin. Et puis moi, de toute façon, personne ne m'aimait. Alors, mon apparence physique, je ne m'en préoccupais pas. En plus, ma mère était tellement radine qu'elle ne m'achetait jamais de vêtements. J'avais toujours des vieilles sapes que ma grande sœur avait portées dix ans plus tôt et quelques habits donnés par des amis de la famille, qui n'allaient plus à leurs filles. Alors, porter un tablier par-dessus, ça ne changeait rien pour moi. Qu'est-ce que ça pouvait bien changer pour Carole ? Elle ne marchait même pas à côté de moi.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 68

Notre car de ramassage scolaire nous prenait le matin et nous déposait le soir sur la place Vernot. Ensuite, Carole et moi avions un petit bout de chemin en commun, après quoi Carole bifurquait à gauche, dans Cesson-l'Église tandis que je continuais tout droit, vers la gare. Vous l'aurez compris, notre petit bout de chemin en commun, nous le parcourions rarement côte à côte.

Ce soir-là, je marchais sur le trottoir, bien tranquillement, pour rentrer chez moi, quand Carole, quelques mètres derrière, pressa le pas pour me rejoindre et me dire :

« T'as pas honte de t'trimballer dans la rue avec ce vieux tablier hideux ! Retire-le donc !

- Hein ?

- On n'est pas à Voisenon, ici. T'es pas obligée d'porter ton tablier. Alors, qu'est-ce que tu fiches avec ça sur le dos ? »

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 67

D'un coup, les joues de Carole devinrent bien plus sanguines qu'aucune orange présente en ce réfectoire et elle bredouilla nerveusement :

« Mais non ! Non ! Chuis pas raciste ! Pas du tout ! »

comme si j'en avais quelque chose à fiche, moi, des sentiments que lui inspiraient les races ! Je blaguais !

Moi, y a plein d'gens qui m'aiment pas. Et alors ? Ys ont l'droit. Y a qu'les despotes qui veulent forcer les autres à taire les sentiments négatifs qu'ils leur inspirent.

Par contre, pour Carole, ça avait l'air grave de s'entendre soudainement accusée d'être raciste, comme si un sentiment inavoué et inavouable, caché au fond de son cœur, venait d'être étalé au grand jour. C'est ce qui s'appelle faire un complexe. Carole était bourrée de complexes ; si bien qu'il fallut un moment avant que cela fît le tour dans sa petite cervelle d'oiseau et qu'elle réalisât que j'étais en train de me payer sa tronche, vu qu'il n'était question là que d'oranges.

Se sentant bête, elle tourna la tête dans tous les sens pour savoir qui la regardait, qui l'avait vue se ridiculiser. Vexée et en colère, elle décida que je n'avais plus le droit de lui parler jusqu'à ce que je vinsse lui présenter des excuses et lui donner, devant ses copines, la définition du mot raciste.

Mais bon, ça, c'était au premier trimestre de la sixième. Lorsque nous nous retrouvâmes dans la même classe en cinquième, elle commençait à être lassée d'attendre.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 66

- Mé ! c'est juste un nom d'couleur. Y a pas d'sang, dans l'orange »

intervins-je, exaspérée.

Elles le savaient bien. C'était juste pour faire leurs mijaurées.

« Ah ! tu manges ça, toi ? me retourna Carole avec une mine écoeurée. Ah ! Elle mange des oranges sanguines. »

genre : elle me montrait du doigt pour me ridiculiser alors que c'était elle qui était ridicule.

Pour la peine, à mon tour, j'entrepris de la tourner en dérision par quelque subtilité de mon cru :

« T'aimes pas les pauvres petites oranges sanguines à cause de leur couleur ? T'es raciste ! »

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 65

Et puis, surtout, nous étions entrées en conflit, au début de la sixième, à cause d'une orange même pas mécanique.

C'était pendant le repas de midi. Nous étions dans la salle de réfectoire, par tables de six. Carole était assise, avec ses deux copines, à la table juste derrière moi. Nous étions dos à dos.

Malheureusement, ce jour-là, l'établissement scolaire nous servit un dessert horrible : des oranges sanguines.

« Ah !!! Des oranges sanguines, c'est dégoûtant ! J'mange pas ça, moi. »

entendis-je derrière moi.

Tout ça à cause du mot « sanguine ». N'importe quoi !

Et c'était parti ! Entre Carole et ses copines, c'était à celle qui ferait le plus de chiqué, genre :

« Oh là là ! des oranges sanguines ? Ah ! non, moi, on m'f'ra jamais manger ça. Berk !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 64

L'école sert à rencontrer des gens.

À ce titre, il faut que je vous parle de Carole parce que elle, si elle était ma copine, c'est vraiment à cause des circonstances scolaires.

Je ne parle pas de la fille avec qui j'avais été copine au cours du voyage en Alsace. Elle aussi s'appelle Carole mais ce n'est pas la même. Je parle de la fille qui était dans ma classe au CM2, à Cesson, et qui était arrivée en sixième, à Voisenon, en même temps que moi.

Elle et moi, si nous étions copines, c'était presque uniquement parce que nous étions arrivées ensemble de l'école de Cesson. Et encore ! Ce n'était pas notre amitié passée à Cesson qui nous liait, c'était Cesson tout court ; comme, par exemple, le fait que nous prenions chaque jour le même car de ramassage scolaire. Des fois, nous nous asseyions côte à côte et nous parlions.

Des fois !… par contre, dans Voisenon, nous nous parlions plus rarement. Il faut dire qu'à Voisenon, elle avait réussi à se trouver deux copines qui avaient la même mentalité qu'elle. Une Carole, passe encore mais trois, c'était trop pour moi !

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 120

- Je sais pas. Moi, j'ai juste essayé de décrire c'que j'ai cru voir. Faudrait que tu relances la balle pour que je puisse voir à nouveau et te le décrire. Y a que comme ça qu'on en saura plus. »

Ok. Je relançai la balle contre le mur et laissai Murielle décrire ce qu'elle voyait.

« Je vois beaucoup de garçons. Ils sont en proie à une grande folie.

- C'est des violeurs ?

- Oui, c'en est mais ils sont protégés. Je vois un grand amour pour les garçons sortir de ta main quand tu lances la balle et je vois le même amour des garçons sortir de ma main quand je lance la balle. Et ces garçons, je les vois là, au milieu de nous deux, sur l'écran blanc du mur où rebondit la balle, entre ta main et la mienne, entre ton amour et le mien, et ça les protège comme un rempart. Tous ces garçons sont complètement fous mais ils sont protégés par notre amour à toutes les deux. C'est ça qu'est beau. »

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 119

Alors là, j'arrêtai tout, me tournai vers Murielle et la dévisageai. Comment une fillette de onze ans pouvait-elle trouver le moyen de juxtaposer les deux propositions je vois des viols et c'est beau ? Bon, d'accord, Murielle, c'est Murielle et c'est pour ça que j'avais voulu qu'elle fût mon amie mais là, quand même, je trouvais qu'elle était un peu trop Murielle à mon goût !

Elle ne rigolait même pas sa boutade, cela n'en n'était pas. Elle avait l'air troublé, mon regard réprobateur semblait la mettre mal à l'aise. Forcément, quand on est Murielle à ce point-là, le regard des autres peut être dur à soutenir. Murielle est une personne à part.

« Moi, j'veux bien continuer à être ton amie mais, pour ça, y faut qu'j'arrive à comprendre ton point de vue. Pourquoi tu dis qu'c'est beau en parlant d'viols ?

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 118

Nous nous mîmes devant le mur en plâtre blanc de la salle de jeux. D'un geste incertain, j'y lançai doucement la balle. Elle y rebondit et se dirigea vers Murielle, à ma gauche, qui la rattrapa entre ses mains. À son tour, Murielle lança doucement la balle contre le mur. Elle y rebondit et vint se loger toute seule entre mes mains.

« J'ai réussi !!!

- Vas-y, lance ! »

Je relançai la balle, qui fit un nouvel aller-retour entre nous deux dans les mêmes conditions que précédemment sauf que, pendant ce temps-là, Murielle, qui regardait fixement le mur blanc sur lequel rebondissait la balle, prononça d'une voix pâle, comme en extase :

« Je vois des viols, c'est beau ! »

et la balle vint se loger toute seule entre mes mains.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 117

Puis vint la rentrée en sixième. Les trois juges furent séparés, Véronique allant au CES de Vert-Saint-Denis, Olivier dans le nouveau CES de Cesson-la-Forêt et moi dans le privé, à Voisenon. J'y fis la connaissance de Murielle, à ne pas confondre avec Muriel, évidemment. Murielle habitait au Mée-sur-Seine.

Je l'invitai un mercredi tantôt à la maison. Sa mère voulut bien l'amener en voiture.

Je présentai à Murielle la fameuse balle de tennis et lui en racontai toute l'histoire.

« Moi, j'veux bien jouer avec toi. Vas-y, lance !

- Mais ch'sais pas jouer !!! Chuis nulle, pour rattraper une balle.

- C'est pas grave. Viens ! On s'met juste à un mètre du mur et on s'la lance gentiment. »