diffusion du livre d'Angélique Andthehord
SEX AND DESTROY Un nouveau son rock ?
Nouvel extrait vendredi 3 février 2023. Bonne lecture !
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chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 88

Se retournant pour voir à qui je parlais, toutes les filles virent Murielle sortir précipitamment son tablier de son cartable sans demander son reste. Alors, elles se dispersèrent comme une volée de moineau, chacune plongeant sur son cartable et…

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 87

Et pour cause ! elle était loin derrière tout le monde, à sa place, au premier rang, avec Anne-Marie à côté d'elle. Assise sur sa table, les pieds sur sa chaise, Murielle regardait la scène en se bidonnant.

Les regards des autres filles, interrogateurs et inquiets, étaient tous si bien rivés sur moi que nulle ne remarqua Murielle quand elle me fit un signe de tête en articulant sur ses lèvres : « c'est vrai ? » afin que je lui envoyasse un indice pour la mettre dans la confidence de ma supercherie, si c'en était une.

« Oui, c'est vrai ! »

m'écriai-je, paniquée.

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 86

Carole me regardait en hochant la tête d'un air sceptique. Il est vrai que je ne manquais jamais une occasion de la taquiner, tant elle prenait la mouche facilement.

Ça n'a rien à voir ! Èe sait même pas faire la part des choses. Qu'elle est bête, celle-là !… Murielle !

Murielle me connaissait. Encore, le mercredi d'avant, elle m'avait reçue chez elle et nous avions passé l'après-midi ensemble. Où était-elle donc ? Je ne parvenais pas à la repérer à l'intérieur de l'attroupement que j'avais devant moi.

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 85

- C'est toi qu'es allée te plaindre à la principale qu'on t'avait forcée à enlever ton tablier ? »

demanda Marie-Annick, toujours pleine d'idées tordues.

Le dialogue tourna en rond un moment, entre Marie-Annick et moi, tandis que toutes les autres filles de la classe, attroupées autour d'elle, se demandaient si c'était du lard ou du cochon parce que si elles ne voulaient pas se faire avoir en remettant leur tablier à tort, elles voulaient encore moins être punies. Il y avait urgence à se déterminer parce qu'il devait rester à peine trois minutes avant la sonnerie.

En tout cas, maintenant, j'espère qu'elle va venir, la principale, pour prouver qu'j'ai pas menti. Comme si moi, qui suis timide et qu'aime pas les ennuis, j'allais m'amuser à inventer des mensonges pour faire tomber toute la classe dedans ! Pourquoi elles préfèrent toutes écouter la méchante plutôt que moi ? Parce que chuis trop timide pour être convaincante ? Parce qu'elles me connaissent pas assez bien pour savoir qu'chuis pas une menteuse ? Carole me connaît !

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 84

- Et pourquoi elle t'aurait dit ça à toi ?

- J'en sais rien, moi. Èe m'l'a dit, c'est tout.

- C'est pas vrai ! Elle nous raconte des histoires pour nous faire remettre nos tabliers. »

clama Marie-Annick à l'attention de toutes les filles de la classe, qui s'étaient approchées et groupées en demi-cercle devant moi.

Ça y est, les ennuis recommencent ! Maintenant, elles vont toutes se faire punir et ça va être de ma faute parce que j'arrive même pas à leur faire comprendre qu'elles seront punies si elles remettent pas leurs tabliers.

« Mais j'vous dis qu'c'est vrai !!!

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 75

Carole, aussi, s'était mise avec ses copines dans les premiers rangs mais en retrait, à l'image de son tempérament réservé, dans la colonne de droite. En somme, Carole et moi étions aux angles opposés de la classe. De toute façon, tout nous opposait, Carole et moi. Elle, c'était une littéraire et moi une matheuse. Par exemple, elle, elle était du genre à accorder une valeur démesurément imagée à de simples mots tels que sanguine alors que moi, j'aimais le rationnel, clair, net et précis. Mais bon, comme disait mon père, si l'orange de Carole avait eu des poux, elle aurait été sanguine aux lentes.

En bref, Carole, avec ses copines, s'était installée juste devant Marie-Annick et son petit groupe de méchantes snobinardes mais elle ne savait pas à qui elle avait affaire, vu qu'elle n'était pas dans notre classe en sixième.

extrait de Repérées

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 67

D'un coup, les joues de Carole devinrent bien plus sanguines qu'aucune orange présente en ce réfectoire et elle bredouilla nerveusement :

« Mais non ! Non ! Chuis pas raciste ! Pas du tout ! »

comme si j'en avais quelque chose à fiche, moi, des sentiments que lui inspiraient les races ! Je blaguais !

Moi, y a plein d'gens qui m'aiment pas. Et alors ? Ys ont l'droit. Y a qu'les despotes qui veulent forcer les autres à taire les sentiments négatifs qu'ils leur inspirent.

Par contre, pour Carole, ça avait l'air grave de s'entendre soudainement accusée d'être raciste, comme si un sentiment inavoué et inavouable, caché au fond de son cœur, venait d'être étalé au grand jour. C'est ce qui s'appelle faire un complexe. Carole était bourrée de complexes ; si bien qu'il fallut un moment avant que cela fît le tour dans sa petite cervelle d'oiseau et qu'elle réalisât que j'étais en train de me payer sa tronche, vu qu'il n'était question là que d'oranges.

Se sentant bête, elle tourna la tête dans tous les sens pour savoir qui la regardait, qui l'avait vue se ridiculiser. Vexée et en colère, elle décida que je n'avais plus le droit de lui parler jusqu'à ce que je vinsse lui présenter des excuses et lui donner, devant ses copines, la définition du mot raciste.

Mais bon, ça, c'était au premier trimestre de la sixième. Lorsque nous nous retrouvâmes dans la même classe en cinquième, elle commençait à être lassée d'attendre.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 66

- Mé ! c'est juste un nom d'couleur. Y a pas d'sang, dans l'orange »

intervins-je, exaspérée.

Elles le savaient bien. C'était juste pour faire leurs mijaurées.

« Ah ! tu manges ça, toi ? me retourna Carole avec une mine écoeurée. Ah ! Elle mange des oranges sanguines. »

genre : elle me montrait du doigt pour me ridiculiser alors que c'était elle qui était ridicule.

Pour la peine, à mon tour, j'entrepris de la tourner en dérision par quelque subtilité de mon cru :

« T'aimes pas les pauvres petites oranges sanguines à cause de leur couleur ? T'es raciste ! »

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 65

Et puis, surtout, nous étions entrées en conflit, au début de la sixième, à cause d'une orange même pas mécanique.

C'était pendant le repas de midi. Nous étions dans la salle de réfectoire, par tables de six. Carole était assise, avec ses deux copines, à la table juste derrière moi. Nous étions dos à dos.

Malheureusement, ce jour-là, l'établissement scolaire nous servit un dessert horrible : des oranges sanguines.

« Ah !!! Des oranges sanguines, c'est dégoûtant ! J'mange pas ça, moi. »

entendis-je derrière moi.

Tout ça à cause du mot « sanguine ». N'importe quoi !

Et c'était parti ! Entre Carole et ses copines, c'était à celle qui ferait le plus de chiqué, genre :

« Oh là là ! des oranges sanguines ? Ah ! non, moi, on m'f'ra jamais manger ça. Berk !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 29

Sans doute étions-nous arrivés au dernier paragraphe lorsque monsieur Bébert, debout face à nous, brandit son exemplaire du carnet de correspondance et clama, à titre de conclusion :

« Alors, les filles, vous êtes d'accord avec ce règlement scolaire ?

- Non !

- C'est très bien. Signez ! »

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 27

Monsieur Bébert s'en sortait bien, vu qu'il n'y avait jamais de devoirs à faire à la (?) maison, en cours de gym. Il passa donc au paragraphe suivant. Pareil que précédemment, il le lut une fois et le reformula à la manière d'un rebelle.

Pareil que précédemment, le petit groupe de cinq ou six filles pétulantes, au milieu de la colonne de droite, clamèrent un grand « non ! », tandis que tout le reste de notre grande classe d'une trentaine d'élèves était triste et silencieux ; puis se firent entendre des voix pondérées de bonnes élèves qui reconnaissaient qu'effectivement, il y avait quelque chose qui clochait dans le règlement bien qu'il avait du bon.

Pareil que précédemment, un débat s'ouvrit et toute la classe tomba d'accord sur une juste correction à apporter à ce paragraphe.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 22

Mais moi, j'étais sage. Je n'étais pas comme les filles agitées qui riaient à la lecture du règlement scolaire. Pour avoir envie de rire, en entendant ce sinistre réglement qui allait nous être imposé pendant toute la période qui nous séparait des prochaines grandes vacances, il fallait faire le choix de la désobéissance. Pour ça, ces filles-là, je les avais vues à l'œuvre l'an passé ! Elles riaient toujours, quand elles faisaient des bêtises… mais elles arrêtaient de rire quand elles étaient punies. L'histoire avait toujours cette finalité.

Alors, bien sûr, les filles qui voulaient faire des bêtises tâchaient de s'arranger pour ne pas se faire prendre mais, à la longue, la menace d'une sanction agit comme la sanction elle-même et, s'il veut avoir l'esprit en paix, l'enfant grandissant doit apprendre à s'assagir.

extrait de La guerre folle

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 18

Était-on sérieux, là ? Certes, non ! Les filles de ce groupe s'échangeaient des petits rires sous la table, contentes de se retrouver, au terme des grandes vacances, dans la même classe. Face à monsieur Bébert, elles se réjouissaient à l'avance des espiègleries qu'elles allaient inventer ensemble, tout au long de l'année scolaire, pour déroger au règlement.

Les plaisanteries du professeur ne dupaient personne. Il n'avait devancé les arguments des plus réfractaires que pour mieux les contrer par la suite. C'était couru d'avance. Il commençait par tendre une perche aux élèves turbulentes pour les laisser se défouler deux minutes ; après quoi, il allait sûrement nous sortir un :

« Bon, allez ! maintenant, soyons raisonnable !… »

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 17

Après lecture du premier paragraphe, monsieur Bébert le reformula à sa manière. Comme si on n'avait pas compris !

« Donc, à l'école, il y a des droits et des devoirs. Vous, vous avez le devoir de travailler en cours, parce que c'est comme ça que ça se passe à l'école ; et puis, chez vous aussi, parce que ça s'appelle des devoirs à rendre pour l'école. En contrepartie, les professeurs ont le droit d'avoir recours aux sanctions pour vous obliger à travailler, que vous le vouliez ou non. Est-ce que vous trouvez ça juste ? »

Des « nons !!! » fusèrent joyeusement du groupe des élèves dissipées.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 14

Il démarra donc le fameux cours :

« L'école est obligatoire. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, les filles ? »

Les premières réactions ne tardèrent pas, venant d'élèves quelque peu agitées, visiblement émoustillées par le très décontracté les filles qui remplaçait le très rigide mesdemoiselles de nos profs ordinaires :

« non !!! »