diffusion du livre d'Angélique Andthehord
SEX AND DESTROY Un nouveau son rock ?
Nouvel extrait vendredi 3 février 2023. Bonne lecture !
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chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 80

En revenant, dans le couloir, j'eus comme un mauvais pressentiment et pof ! madame la principale me tomba dessus.

« Dites voir ! Qu'est-ce que vous faites sans votre tablier ? »

J'le sentais ! pourquoi fallait qu'ça tombe sur moi ? Les autres, on leur dit jamais rien et moi, j'ai le droit de rien faire !

« Le port du tablier est obligatoire, dans cet établissement. Où est le vôtre ? demanda calmement la principale.

- Dans mon cartable, répondis-je d'une petite voix hésitante.

- Qu'est-ce qu'il fait dans votre cartable ?

- J'croyais qu'c'était plus obligé pour les 5ème.

- Vous pensiez que c'n'était plus obligé pour les 5ème ! Qu'est-ce qui vous a mis cette idée dans la tête ? Vous avez vu quelqu'un de cinquième qui ne portait pas son tablier ?

- Ououi… mais ch'sais plus qui c'était.

- Vous ne vous souvenez pas qui est la première que vous avez vu sans son tablier ?

- Non, j'm'en souviens pas. »

extrait de Obéissez !

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 79

Tout le monde me regardait, tout le monde attendait ma réaction. Visiblement, toute la classe partageait l'avis de Marie-Annick mais je ne perçus aucune pression exercée sur moi, ce qui aurait été suffisant pour que je me renfermasse sur moi-même et qu'on ne pût rien obtenir de moi. Même Marie-Annick, quand elle voulait m'embêter, elle venait à côté de moi alors que, là, elle ne me parlait que depuis sa place, de l'autre côté de la classe.

« De quoi t'as peur ? insista-t-elle. Si on t'dit quelque chose, t'auras qu'à répondre que tu croyais qu'c'était plus obligé pour les 5ème. »

C'est vrai, après tout. Pourquoi ça serait obligé pour moi alors que les autres, elles le mettent jamais, ni dans la classe, ni dans les couloirs, ni au réfectoire, ni dans le parc et on leur dit jamais rien.

Du coup, je me levai, enlevai mon tablier, le pliai et le rangeai au fond de mon cartable. Sur ce, je quittai la classe pour aller aux cabinets.

extrait de Les 5ème

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 78

« Pourquoi tu gardes ton tablier ? »

me demanda Marie-Annick.

Je restai muette, pensant que c'était encore un nouveau prétexte qu'elle avait trouvé pour me chercher des histoires et m'embêter.

« Tu vois bien que plus personne le porte, ici. Fais comme tout le monde, enlève-le ! »

Je survolai du regard l'ensemble de la classe et vis toutes les têtes tournées vers moi. Par contre, de tablier, je n'en vis qu'un, le mien.

« Et qu'est-ce que ça peut vous faire, si moi j'le garde ? retournai-je à Marie-Annick.

- Parce qu'on veut qu'il tombe dans l'oubli mais c'est pas possible si, toi, tu t'trimbales tout l'temps avec le tien. Alors, fais comme nous, cache-le au fond de ton cartable ! »

extrait de Les 5ème

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 76

Dans la classe, pendant les récréations, les filles, entre copines, se racontaient leurs petites histoires, se faisaient des coiffures, jouaient à la crapette, jouaient à la crapette et jouaient à la crapette. Quant à moi, je restais tout le temps toute seule dans mon coin, assise à ma place, à me raconter en boucle de jolies histoires imaginaires de cabane que j'aurais bâtie dans la forêt avec celui qui aurait été mon amoureux, afin d'y élever notre futur bébé.

extrait de Repérées

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 75

Carole, aussi, s'était mise avec ses copines dans les premiers rangs mais en retrait, à l'image de son tempérament réservé, dans la colonne de droite. En somme, Carole et moi étions aux angles opposés de la classe. De toute façon, tout nous opposait, Carole et moi. Elle, c'était une littéraire et moi une matheuse. Par exemple, elle, elle était du genre à accorder une valeur démesurément imagée à de simples mots tels que sanguine alors que moi, j'aimais le rationnel, clair, net et précis. Mais bon, comme disait mon père, si l'orange de Carole avait eu des poux, elle aurait été sanguine aux lentes.

En bref, Carole, avec ses copines, s'était installée juste devant Marie-Annick et son petit groupe de méchantes snobinardes mais elle ne savait pas à qui elle avait affaire, vu qu'elle n'était pas dans notre classe en sixième.

extrait de Repérées

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 74

Là-dessus, Murielle avait pointé son nez dans la classe, s'était précipitée au premier rang et s'était littéralement couchée à plat ventre sur une table devant le bureau du prof, genre : « ça, c'est ma place ! » Simultanément, Valérie avait pris la table à côté de Murielle et l'avait regardée d'un mauvais œil. Pourquoi ? Parce qu'elle voulait que sa copine Marie-lise, arrivant juste derrière, fût à côté d'elle. Une discussion houleuse s'était engagée entre les trois filles. De ma place, je n'entendais pas leurs paroles, fondues dans le brouhaha, mais leurs gestuelles respectives m'avaient très bien fait comprendre que Valérie aurait voulu faire reculer Murielle d'un rang au profit de Marie-lise, sans succès.

Au final, Marie-Lise et Valérie s'étaient dépêchées de prendre les places du deuxième rang avant de se les faire piquer par d'autres.

Fut-ce l'origine de l'éternelle mésentente entre Murielle et Marie-lise ? Je ne sais pas. Marie-lise était une fille gentille, de bonne composition et pas rancunière mais Valérie, j'avais plus de mal à la cerner.

extrait de Repérées

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 73

Le jour de la rentrée, j'étais arrivée dans la classe dans les premières. Marie-Annick était déjà là, en train de s'installer à une table non loin de l'entrée, au milieu de la colonne de droite. Alors, j'avais traversé la classe pour aller me mettre du côté opposé, dans la colonne de gauche, près des fenêtres ; tout au fond de la classe, pour ne pas me faire remarquer. Je m'étais assise et j'avais attendu.

extrait de Repérées

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 72

Le lendemain, pendant la récréation, toutes les filles étaient restées dans la classe, comme c'était souvent le cas. Certaines étaient à leurs places avec toutes leurs copines autour d'elles ; d'autres n'étaient pas à leurs places parce qu'elles étaient allées rejoindre leurs copines un peu plus loin ; d'autres encore n'avaient pas besoin de quitter leurs places puisqu'elles s'étaient mises côte à côte entre copines au début de l'année, notamment Marie-lise et Valérie.

extrait de Repérées

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 71

Un autre soir, pareil, à Cesson , en revenant de l'école, Carole repassa à l'attaque, me rejoignant sur le trottoir juste pour me dire d'enlever mon tablier ; comme si elle s'imaginait que j'allais faire à son idée.

« Tu l'fais exprès pour te faire remarquer ou quoi ?

- Quoi ?

- Tu vois pas qu't'es la seule, dans la classe, qui porte encore son tablier ? Moi, à ta place, j'me sentirais mal. Fais comme tout le monde ! Laisse-le dans ton cartable !

- N'importe quoi ! Le tablier, il est obligatoire pour tout l'monde. Tu l'sais bien.

- Tu vois bien qu'non. Regarde autour de toi, au lieu de rester tout l'temps le nez dans tes chaussures ! »

Mouais, des fois, je voyais que des filles oubliaient de mettre leur tablier et puis, quand il y avait des rappels à l'ordre, elles le remettaient.

Tant qu'à l'enlever pour le remettre, autant le garder.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 70

« Qu'est-ce que ça peut t'fiche, à toi, si j'porte mon tablier ?

- Tu vois pas qu't'as l'air d'une idiote, avec ça dans Cesson ? Enlève-le ! Pourquoi tu l'gardes ?

- Ouais ben j'aurais l'air encore plus idiot si j'me déshabillais en pleine rue. Moi, j'mets mon tablier le matin avant d'partir, avec mon manteau et mes chaussures et j'le retire le soir quand j'arrive. Tu faisais pareil, avant.

- Mais les temps ont changé.

- N'importe quoi ! En plus, à force d'attendre le dernier moment pour l'enfiler, des fois, y en a qui oublient carrément d'le mettre en classe.

- Eh ben, oublie-le, toi aussi !

- N'importe quoi ! »

Il n'était pas si moche que ça, ce tablier. Il était anodin. Et puis moi, de toute façon, personne ne m'aimait. Alors, mon apparence physique, je ne m'en préoccupais pas. En plus, ma mère était tellement radine qu'elle ne m'achetait jamais de vêtements. J'avais toujours des vieilles sapes que ma grande sœur avait portées dix ans plus tôt et quelques habits donnés par des amis de la famille, qui n'allaient plus à leurs filles. Alors, porter un tablier par-dessus, ça ne changeait rien pour moi. Qu'est-ce que ça pouvait bien changer pour Carole ? Elle ne marchait même pas à côté de moi.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 68

Notre car de ramassage scolaire nous prenait le matin et nous déposait le soir sur la place Vernot. Ensuite, Carole et moi avions un petit bout de chemin en commun, après quoi Carole bifurquait à gauche, dans Cesson-l'Église tandis que je continuais tout droit, vers la gare. Vous l'aurez compris, notre petit bout de chemin en commun, nous le parcourions rarement côte à côte.

Ce soir-là, je marchais sur le trottoir, bien tranquillement, pour rentrer chez moi, quand Carole, quelques mètres derrière, pressa le pas pour me rejoindre et me dire :

« T'as pas honte de t'trimballer dans la rue avec ce vieux tablier hideux ! Retire-le donc !

- Hein ?

- On n'est pas à Voisenon, ici. T'es pas obligée d'porter ton tablier. Alors, qu'est-ce que tu fiches avec ça sur le dos ? »

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 62

Les options, à l'école, il y en avait, en principe, dès l'entrée en sixième, avec le choix d'une première langue vivante. Ensuite, il fallait attendre d'être en quatrième pour avoir d'autres options.

Voisenon, c'était un petit établissement privé avec peu de classes, on n'y avait pas de choix d'une première langue vivante en sixième, c'était anglais pour tout le monde. Moi, ça m'allait très bien. Je n'aurais pas voulu qu'en sixième on me privât d'apprendre la langue du rock n roll.

Alors, disons qu'chuis à l'école option rock n roll !

extrait de La vie en option

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 61

Craintive, je rentrai la tête dans les épaules devant la vieille dame et m'empressai de lui présenter mes excuses.

« J'vous demande pardon pour avoir perturbé le cours de madame Jesaispluscomment. »

Cependant, la vieille dame ne m'en tint pas rigueur le moins du monde. Elle souhaitait, au contraire, entrer avec moi en conversation sur le thème que j'avais ouvert en classe, dans le cours de madame Jesaispluscomment (bon choix de professeur, au dire de madame la principale).

Madame la principale m'invita à exprimer mon ressenti sur l'école, ce que je fis poliment quand cette vieille dame honorable, m'ayant écouté respectueusement, ajouta à mon propos :

« L'école est une usine à poulets. Il n'en sort que des cerveaux capables de ne concevoir que d'autres usines à poulets. »

À la fin de la conversation, je restais à Voisenon et devais me concentrer sur mes options.

extrait de La vie en option

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 52

Et puis, un jour, passant à proximité de mon tronc d'arbre, une fille de ma classe me regarda comme si elle avait envie de me dire quelque chose. C'était sans doute quelque chose de méchant. À Voisenon, quand on me parlait, c'était toujours pour me dire des méchancetés.

Elle se ravisa et s'en alla. C'était pas une des plus méchantes, elle. Si elle m'avait déjà dit des méchancetés, je ne me rappelais pas. Toujours est-il que, ce jour-là, elle préfèra se taire et me laisser pleurer là toute seule, comme tout le monde.

À la récréation suivante, elle revint, s'arrêta devant moi, avec le même air de vouloir me dire un truc, et s'en alla.

Pendant plusieurs jours de suite, elle revint ainsi. Ça se voyait qu'elle avait envie de me dire un truc méchant. Ça la démangeait mais elle se ravisait à chaque fois.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 46

Un long silence suivit. Tous les regards étaient tournés vers moi. Les filles du groupe des agitées qui, pour le coup, avaient cessé de rire, me regardaient interloquées que je leur eusse fait cet affront ; qui n'en était pas un, en fait. C'est le règlement, que je dénonçais.

Bon, moi, ce n'était que mon point de vue. Je m'attendais à ce qu'on levât la main pour ajouter quelque chose derrière moi ou pour me contredire, voire même à ce que toute la classe éclatât de rire à l'imbécillité que je venais de pondre. En général, en classe, j'évitais de l'ouvrir de peur de me ridiculiser mais il y a des fois, comme ça, il faut que ça sorte.

Quelques mains se levèrent, en effet, mais ce n'était que pour adresser des paroles de respect et de réconfort à notre pauvre professeur déconcertée. Nulle n'ajouta ni ne retira un seul mot à ce que je venais de dire et les mines, sur tous les visages de petites filles, étaient plus déconfites que jamais.

extrait de C'est pour rire

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 45

Alors, moi, je levai la main et quand la prof me donna la parole, je posai la question :

« Vous voulez qu'on soit punies ?

- Ben ! bien sûr que non. Pourquoi dites-vous cela ?

- Parce que vous nous dites de rire comme celles qui font des bêtises, parce que c'est le premier jour de la rentrée, la reprise est difficile et ça fait du bien d'entendre rire autour de soi ; mais après, si on suit leur exemple, vous nous punirez tout au long de l'année parce qu'on aura fait des bêtises. Enfin, peut-être pas vous mais, c'que j'veux dire, c'est qu'c'est forcé de faire des bêtises, si on veut rire malgré le règlement scolaire. Ça s'entend bien, à leur rire, qu'elles font des bêtises. Moi, je le sais parce que, tout au long de l'année, quand j'entends ces rires, j'entends toujours, derrière, la voix d'un professeur les interrompre en disant : "Qu'est-ce que vous avez encore fait, comme bêtise ? Si vous n'en avez pas fait, c'est que vous êtes en train d'en préparer une. Vos rires vous trahissent". Ce sont les mêmes rires que vous citez en exemple, aujourd'hui, parce que c'est la rentrée. Moi, je dis pas ça pour les dénoncer pour que vous les punissiez. J'dis pas qu'èes ont fait une bêtise pis si c'est le cas, chuis pas au courant. Moi, j'ai juste entendu leurs rires, comme vous et p't-être que c'est elles qui ont raison de rire, après tout mais moi, c'que j'veux dire, c'est qu'si on veut rester obéissant, avec le règlement scolaire, c'est pas possible de rire. »

extrait de C'est pour rire

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 40

Cependant, dès que nous étions sorties en récréation, tout avait basculé d'un coup. Tout avait recommencé exactement pareil qu'en maternelle, le même cauchemar, et moi, j'avais pleuré parce que ce n'était pas possible autrement.

Mais là, la nouvelle maîtresse, du cours préparatoire, s'était approchée et avait grondé toutes les filles qui m'entouraient, qui se moquaient de moi et me montraient du doigt en disant :

« Hou, la pleureuse ! Hou, la pleureuse ! »

Alors, les filles, penaudes, avaient arrêté de m'embêter mais l'une d'elles, une brune aux cheveux raides, s'était retournée vers la maîtresse et lui avait répondu :

« C'est la maîtresse [de maternelle] qui nous a appris. »

Il y avait de la contrariété dans sa voix, on aurait dit qu'elle avait reproduit la scène qui s'était perpétuée tout au long de l'année de maternelle pour prendre la nouvelle maîtresse à témoin du mal que l'ancienne avait obligé tous les enfants à me faire.

Cette fille, je crois bien que c'était Laurence. Vous savez, celle avec les petites joues toutes roses qui est déjà apparue dans mon chapitre X.

extrait de La pleureuse

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 39

Pourtant, à la rentrée au cours préparatoire, à l'issue des grandes vacances réparatrices, je m'étais dit que j'étais grande et qu'à la grande école, je ne pleurerais pas. En classe, tout avait bien commencé. La maîtresse me traitait comme les autres enfants. Elle nous offrit à chacune de beaux livres et cahiers tout neufs, pour apprendre à lire et à écrire, et je lui dis merci. Moi-même, j'étais venue avec un beau cartable tout neuf et une belle trousse toute neuve remplis de beaux jouets tout neufs pour apprendre à lire et à écrire. J'étais heureuse.

extrait de La pleureuse

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 32

Finalement, toutes les filles de la classe se tournèrent vers les cinq ou six qui faisaient le plus de bruit depuis le début du cours, celles qui rouspétaient le plus fort, celles qui portaient haut et fort les revendications de l'ensemble de la classe.

Monsieur Bébert eut vite fait de comprendre que s'il voulait obtenir toutes les signatures de la classe, il lui suffisait de s'en prendre aux meneuses.

Il alla donc auprès d'elles et leur dit :

« Bon, allez ! ça suffit, maintenant. Vous signez. M'obligez pas à vous envoyer voir ça dans le bureau de la principale !

- Quoi ?! »

Non mais alors, monsieur Bébert ! On se la joue à la cool et, après, on veut punir tout le monde ? Nous, si on avait eu une prof ordinaire, ça se serait passé de façon ordinaire et personne n'aurait fait d'histoire. C'est lui qui nous a poussé dans cette voie et, après, il nous le reproche ?

« Non, moi, j'punis personne. J'vous dis juste que si vous avez quelque chose à redire au règlement scolaire, c'est avec la principale de l'établissement qu'il faut aller voir ça, maintenant. Moi, j'ai fait mon boulot, ça m'concerne plus. »

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 31

Sitôt dit, il commença son tour mais personne n'envisageait de signer puisque ça allait à l'encontre de ce qui avait communément été convenu. Tous les paragraphes, l'un après l'autre, avaient été étudiés et concertés. Des corrections y avaient été apportées pour les rendre plus justes et compatibles avec notre épanouissement intellectuel. C'était un projet sérieux, construit par toute la classe, en vue d'être présenté à la négociation devant les adultes. Alors, non ! Signer maintenant aurait été trahir la classe autant que se trahir soi-même.

Si le prof allait se placer devant une élève en particulier pour faire pression sur elle, elle se tournait vers les autres, à la recherche d'un soutien, et ne signait pas.