diffusion du livre d'Angélique Andthehord
SEX AND DESTROY Un nouveau son rock ?
Nouvel extrait vendredi 3 février 2023. Bonne lecture !
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chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 33

Ouais mais enfin il ne nous appuyait pas non plus. Il nous reniait, de sorte que si on allait voir la principale, c'était pour n'avoir pas obéi au professeur. Il est clair que les filles les plus turbulentes de la classe n'avaient aucune envie d'aller faire des vagues au bureau de la principale, dès le jour de la rentrée, pour une cause qu'elle savaient perdue d'avance. Et puis, de toute façon, elles s'en fichaient de ce que pouvait bien contenir le règlement scolaire. Leur truc, à elles, c'était de faire des bêtises pour y échapper. Alors, elles signèrent.

Alors, toutes les filles de la classe prirent leur stylo et signèrent. Il n'y avait pas le choix.

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 32

Finalement, toutes les filles de la classe se tournèrent vers les cinq ou six qui faisaient le plus de bruit depuis le début du cours, celles qui rouspétaient le plus fort, celles qui portaient haut et fort les revendications de l'ensemble de la classe.

Monsieur Bébert eut vite fait de comprendre que s'il voulait obtenir toutes les signatures de la classe, il lui suffisait de s'en prendre aux meneuses.

Il alla donc auprès d'elles et leur dit :

« Bon, allez ! ça suffit, maintenant. Vous signez. M'obligez pas à vous envoyer voir ça dans le bureau de la principale !

- Quoi ?! »

Non mais alors, monsieur Bébert ! On se la joue à la cool et, après, on veut punir tout le monde ? Nous, si on avait eu une prof ordinaire, ça se serait passé de façon ordinaire et personne n'aurait fait d'histoire. C'est lui qui nous a poussé dans cette voie et, après, il nous le reproche ?

« Non, moi, j'punis personne. J'vous dis juste que si vous avez quelque chose à redire au règlement scolaire, c'est avec la principale de l'établissement qu'il faut aller voir ça, maintenant. Moi, j'ai fait mon boulot, ça m'concerne plus. »

chapitre 17 À quoi sert l'école ? extrait 31

Sitôt dit, il commença son tour mais personne n'envisageait de signer puisque ça allait à l'encontre de ce qui avait communément été convenu. Tous les paragraphes, l'un après l'autre, avaient été étudiés et concertés. Des corrections y avaient été apportées pour les rendre plus justes et compatibles avec notre épanouissement intellectuel. C'était un projet sérieux, construit par toute la classe, en vue d'être présenté à la négociation devant les adultes. Alors, non ! Signer maintenant aurait été trahir la classe autant que se trahir soi-même.

Si le prof allait se placer devant une élève en particulier pour faire pression sur elle, elle se tournait vers les autres, à la recherche d'un soutien, et ne signait pas.

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 56

Quand la petite fille a perdu le premier amoureux de son cœur, son nounours, elle le cherche, toute sa vie, mais ne le retrouve pas forcément. Il y a des garçons qui savent sa détresse et s'en servent pour l'attirer à eux et lui tendre des pièges et elle, elle se laisse prendre au piège parce qu'elle croit retrouver en ces amants l'Amoureux perdu.

C'est donc pour protéger toutes les filles qui jouent le rôle de celles qui ont perdu l'Amoureux que les sociétés patriarcales de nos ancêtres ont conçu la figure du mari. À la base, ça ne répond à aucun sentiment de supériorité de la part de l'homme. Le sort de l'Âme Sœur est courageux mais périlleux parce qu'elle est prise entre deux feux, entre deux rivaux, ce qui la rend vulnérable et c'est pour ça que le schéma de la culture ancestrale lui offre une protection continue : à la naissance, l'Époux lui donne pour mission de trouver l'Amoureux et la confie à un père, choisi dans le monde des mortels. Une fois devenue grande, si elle a échoué dans sa mission, elle est confiée à un mari, choisi à son tour par le père dans le monde des mortels. Le mari prend le relais pour la protéger de ses amants et devra répondre de son âme devant l'Époux le jour de sa mort.

extrait de Le Fantôme

chapitre 16 On ne peut vivre qu'une destinée à la fois extrait 36

Ça me faisait peur que le garçon me tînt, ainsi, hors de mon monde mais je n'avais rien à craindre, puisque c'était mon père qui m'avait dit.

En plus, il était beau, il me souriait. Il était gentil. Je voulus bien me laisser aller à imaginer que je dansais avec lui en lui faisant des sourires.

Dansant en me tenant les mains, le garçon me demanda :

« Qu'est-ce que ce serait, le bonheur, pour toi ? »

- Pour moi, le bonheur, ce serait que les enfants, à l'école, jouent tous ensemble »

répondis-je.

Et là, me maintenant toujours les mains, il me fit faire volte-face en disant :

« D'accord. Attends-moi là ! J'm'en occupe. »

Et là, il me poussa en arrière, il me fit entrer dans le temple et partit très vite.